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jeudi 10 juin 2010

20 ans de la Mission Locale d'Insertion du Poitou

Hier, mercredi 9 juin, une nouvelle conférence a vu le jour dans la salle du Majestic à Neuville du Poitou. Et oui, dans son travail de proximité, la MLI est aussi présente dans les communes avoisinantes de Poitiers.
















Préambule : Etant complètement définit par ce terme de "jeune", je suis à même de reconnaître que ce débat m'aura interpelé de manière différente (car peut être un peu innocente). Je suis donc conscient que tout ce que je vais relater ici pourrait être incomplet. Je vous avouerez qu'après une relecture de mes notes, je me suis posé beaucoup de questions... l'intégralité de cette conférence à été capter par VIA-MG Production. Je vous invite donc à y jeter un coup d'œil quand celle-ci sera disponible.

C’est sur les coups de 18h que Raphaël Wintrebert, directeur de l’Observatoire Jeunes et Travail (www.ob-jet.fr), nous a exposé son discours sur "les jeunes et l’entrée sur le marché du travail : devenir un adulte dans le monde du travail"

Il a alors passé en revu certains points, des thématiques, pour ainsi définir la "jeunesse" actuelle et les valeurs de cette nouvelle "génération".Son discours a laissé place au débat à plusieurs reprises.


"La jeunesse n'est qu'un mot" (citation du sociologue Pierre Bourdieu). N'ayant malheureusement que peu de synonyme, je vais souvent employé ce terme.

Dans un premier temps, Raphaël Wintrebert a abordé l'approche des jeunes en France (sans parler du monde du travail), l'instabilité des trajectoires, et ce nouveau fait de société définit par le "précariat".

Tout d’abord, la vision en France des jeunes est très "dichotomique" comme le site Raphaël Wintrebert ; soit on voit la jeunesse en danger et il faut la protéger, soit on voit la jeunesse comme un danger et il faut nous protéger. On visualise cette jeunesse sous son mode d'expression qui est trop souvent retranscrit comme violent.Toujours en France, la jeunesse acquière rapidement son autonomie, construit sa personnalité, trouve ses goûts et ses couleurs. Par contre, elle devient indépendante très tardivement (on parle ici d'autonomie financière). La jeunesse, dans son début d'existence (si on peu le définir ainsi) est prisonnière dans une logique de classement (scolaire) et c'est ce classement qui définit la plupart du temps (plus que le niveau scolaire) la position sociale. L'esprit est dans une démarche de fixation du destin, la jeunesse est alors dévalorisée et donc résignée.

L'entrée sur le marché du travail est un évènement cruciale dans la vie d'un jeune, c'est son passage à la vie adulte. Il correspond à un aboutissement de l'individu.
Le marché du travail et l'économie évoluent vers un milieu plus précaire. Les principaux touchés étant les jeunes (22% des jeunes actifs sont au chômage), le marché du travail devient instable, il correspond à une accumulation des plusieurs brèves expériences, d'où la difficulté de se projeter dans l'avenir. La précarité devient permanente.

Le public a ensuite pris la parole, sans vraiment soulever des questions mais plutôt en complétant les faits énoncés ;
"On est dans une démarche de consommation du travail"
"Les jeunes veulent du durable mais ils n’y croient pas"
Ces premiers points nous laissent alors une vision un peu pessimiste de la situation actuelle.


C'est dans un deuxième temps que Raphaël Wintrebert a tenté de nous définir cette notion de génération et plus particulièrement celle de la jeunesse actuelle. Il s'est ensuite penché sur le rapport que les jeunes ont avec le travail et cette difficulté définie par "un déficit croissant de sociabilisation au travail".

Le terme de génération est difficile à définir, on peut simplement parler de segmentation des âges, de démographie. Mais de manière bien plus large, on définit une génération par une période ou un fait historique (la génération de mai 68 ou celle du baby-boom sont les plus marquantes). De cette manière, notre génération peut être alors définie par la mondialisation économique et culturelle, mais aussi par le chômage de masse qui est, on peut le dire, un fait historique. Et par cet engouement des nouvelles technologies qui ne cesse de croître, on parle alors de "génération digitale", un mode de vie hyperactif, où le rapport avec le temps s'accélère.

Cette "génération" a un rapport avec le travail bien différent des autres générations. Le travail est une tradition, il est logique de se mettre à travailler. D’un point de vue un peu plus rationnel, ça devient nécessaire (financièrement parlant). Mais en plus de cela, la jeunesse actuelle recherche une qualité de vie dans son travail ; le besoin financier ne suffit plus. Le cadre familial n'est plus vraiment hiérarchisé (l'autorité paternelle s’estompe), il est donc difficile pour un jeune de respecter un « savoir être » dans le cadre d'une entreprise. "Les frontières de temps et d'espace entre le milieu professionnel et relationnel sont brouillées". On en vient donc à la problématique suivante ; la sociabilisation des jeunes au travail est absente. Les entreprises et établissements scolaires se renvoient la balle.

intervention de la salle :

"L'école change !" indique Nathalie Grand (Rectorat de Poitiers), "et Neuville en est l'exemple". Les démarches pour faire venir le milieu de l'entreprise dans les établissements scolaires s'accumulent. Mais ces changements demandent du temps.

En plus de son parcours à l'école, il faut mettre en valeurs les expériences de la vie courante. Revaloriser les jeunes sur les compétences et les qualités qu'ils acquièrent en dehors du cadre scolaire et même professionnel.

La MLI est principalement composée de conseillers généralistes, qui sont conscients de cette difficulté de familiariser la jeunesse au monde du travail mais elle ne peut être témoin de chaque milieu professionnel, d’où la création d'outil comme le parrainage.

Toute cette conférence aura suscité certes quelques remarques, mais elle aura surtout consolidé la MLI dans son rôle qu'elle doit jouer auprès des jeunes actif (ou non). La direction à prendre est la bonne, mais cela prend du temps.

Le débat s'est ensuite poursuivi dans le hall du Majestic autour d'un cocktail.


mercredi 9 juin 2010

20 ans de la Mission Locale d'Insertion du Poitou

Retour sur la table ronde de mardi

L’après-midi d’hier a été bien remplie avec la table ronde « L’accompagnement global : nos métiers évoluent » qui a suscité bon nombre d’échanges entre les professionnels de l’insertion présents à la fois sur la scène du Tivoli mais aussi dans le public.

Renée-Lise Reppel (AFPA), Jean-Claude Garreau (MLI du Poitou) et Sylvie Bouty (Aire Formation)

La première partie du discours (1h15) a surtout tournée autour de la question des métiers de l’insertion, de leurs lentes évolutions depuis vingt ans à leurs véritables missions d’aujourd’hui. Selon James Renaud, président du conseil de développement responsable, tout est parti du constat des difficultés grandissantes de certaines personnes à s’intégrer dans la société. Déjà. D’aucuns se souviendront d’ailleurs du « Plan Barre » de la fin des années 1980. S’appuyant sur l’exemple d’un Poitevin qui avait passé 52 mois de stage, James Renaud a rappelé la médiocrité du système de formation d’alors. Il fallait à tout prix réfléchir à autre(s) chose(s). D’une démarche presque militante on est alors passé à une professionnalisation progressive et à l’institutionnalisation des structures dans le courant des années 1990. Renée-Lise Reppel, formatrice AFPA, soulignait d’ailleurs que le besoin de reconnaissance des titres des métiers de l’insertion s’est fait ressentir à partir de 1995 avant de véritablement se concrétiser en 2003.

Les trois-quarts d’heure d’échanges avec le public qui ont suivi ont été l’occasion de débattre sur les difficultés persistantes dans le monde du social liées notamment aux appels d’offres, sur le terme de « placement » préféré désormais à celui d’ « accompagnement » ou sur la volonté réelle des pouvoirs publics, en particulier ceux de l’Etat, de mettre en place un accès à l’emploi concrètement conçu et surtout efficace. Tous sont en tous cas tombés d’accord sur le fait qu’il fallait davantage mobiliser les solidarités dans un contexte libéral mettant de plus en plus « à mal les capacités et l’employabilité des personnes en recherche d’emploi ou dans la précarité », dixit Françoise Chargelègue (MLI du Poitou). « Paradoxalement, on a jamais eu autant de richesses en France – intellectuelles, théoriques et économiques –, analysait Alain Ribager, directeur d’Iris, mais il y a aujourd’hui un quart de la population vivant sous le seuil de pauvreté. C’est quand même étrange qu’on ne parvienne pas à se donner les moyens de résorber le problème. »

« Personne n’est égal devant l’égo, » renchérissait-il ensuite.

Devant de tels éléments pessimistes, c’est toutefois l’optimisme qui a pris le pas au moment où l’animateur de la table ronde, Jean-Jacques Decaillon (A2B Conseil, ci-dessus) mettait un terme aux discussions : « Ce que nous devons retenir, c’est que les intentions qui ont animées le secteur il y a vingt ans sont toujours présentes aujourd’hui. » Pourvu que ça dure !